Urbanisme - Etude sur la station des Ménuires

Aux alentours de 1850 m d’altitude, la station de sports d’hiver des Menuires prend place dans une sorte d’entre deux : éloignée des trente-trois hameaux qui composent la vallée des Belleville, elle ne s’est pas non plus aventurée aux confins de celle-ci, là où l’audacieuse Val Thorens culmine à plus de 2300 m d’altitude.

La désertification ou les sports d’hiver : voici les options telles qu’elles étaient présentées aux habitants de la vallée en 1964. Le quartier de la Croisette c’est un front de neige avec son restaurant tex-mex et son tabac, et en surplomb l’immeuble Brelin, son télésiège, son funiculaire, sa galerie marchande avec son couloir central et ses nombreuses alcôves. C’est un objet architectural résolument moderne, celle d’un paquebot à la montagne, couvert d’ardoises angevines, déployant duplex et balcons orientés au sud-ouest.

On peut s’interroger sur la situation paradoxale que proposait et que propose toujours l’expérience Brelin. L’attrait de l’ailleurs et de l’autre est l’un des ressorts profonds du déplacement touristique. Ne vient-on pas à la montagne pour s’évader et voir de nouveaux paysages ? Toutes les baies vitrées de la galerie sont pourtant occultées par du mobilier ou par des panneaux publicitaires.

Derrière la relative maladresse de ses espaces modernes, l’utopie sous-jacente proposée par le Brelin aurait-elle été dévoyée de nos jours à des fins économiques ? La dialectique de l’offre et de la demande vient affaiblir un bâtiment déjà hors de son époque lors de son édification, un bâtiment qui assumait pourtant de délivrer un message, certes daté, mais optimiste : celui de l’émergence d’une classe moyenne française avide de grands espaces et accordant de plus en plus de temps aux loisirs.

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